samedi 28 juin 2014

Intervention au Conseil Régional de Lorraine : Schéma du Massif des Vosges

Schéma Interrégional du massif des Vosges
Plénière du 27/06/14
M Jean-François Jalkh
Député Européen, Conseiller Régional de Lorraine

Texte lu par Thierry Gourlot en l'absence de M Jalkh

Monsieur le Président, chers collègues,


Nous avons à nous prononcer sur le Schéma Interrégional du massif des Vosges pour la période 2014-2020 organisé autour de 4 axes stratégiques tels que l'environnement ou l'attractivité économique.

Dès les premières pages du document, il est frappant de constater la complexité du dispositif et le nombre d'acteurs institutionnels concernés au motif que, je cite " le manque de structuration sur le terrain des acteurs est également préjudiciable à la remontée des projets ». Le désormais célèbre mille-feuille territorial a décidément de beaux jours devant lui.

Depuis le Plan Vosges de 1978 et ses 657 Millions de Francs (100 M€), aucun gouvernement national ou local n'a su enrayer les fermetures successives dans l'industrie textile comme Boussac ou la dégradation du tissu industriel (pour mémoire, il y avait 30 000 emplois dans le textile en 1960, 3750 en 2009. Notons aussi la baisse de 20% d'emplois industriels entre 1998 et 2008 dans le seul département des Vosges).

La fin des quotas d'importations dans les années 2000 par l'Union Européenne a sonné le glas de la filière en dehors de quelques exceptions comme Bleu Forêt. Votre volonté de stopper la désindustrialisation sera malheureusement vaine tant que vous continuerez à vous soumettre aux oukazes ultralibéraux de cette construction Orwelienne qu'est l'Union Européenne. Beaucoup d'électeurs l'ont compris le 25 mai dernier. Nos élites régionales semblent malheureusement moins lucides.

Sur le plan des ressources naturelles, nous souscrivons entièrement au développement des transports en commun mais nous critiquerons ici le double langage qui consiste a prôner leur développement tout en supprimant des lignes TER, des gares, des dessertes notamment en milieu rural, matérialisant ainsi un peu plus la fracture territoriale entre urbains et ruraux.

Le document mentionne le Grenelle de l'environnement caractérisé par beaucoup d'annonces mais peu d'accords (par exemple rien sur les OGM ou les pesticides) et un budget national largement insuffisant. On nous promettait un « New Deal écologique » mais force est de constater que la montage verte a accouché d'une souris transgénique. La logique économique demeure et dans ce cadre là, les nouvelles stars du « sauvons la planète » ne peuvent faire mieux que de préparer une dictature bobo où les riches paieront pour avoir le droit de polluer et manger bio, pendant que les pauvres subirons un monde bordé de prohibitions, de pénuries et d'aliments synthétiques...

Plus paradoxal encore dans ce document, on trouve d'un côté la volonté de développement des énergies renouvelables et de l'autre, le désir de limiter les impacts environnementaux des projets comme les éoliennes. Dans la même veine, on prétend développer le tourisme vert qu'on fait par ailleurs tout pour contrarier en augmentant la taxe de séjour , histoire sans doute de ne pas trop déranger la quiétude des animaux.

La vie des territoires ne pouvant se concevoir sans le maintien de services publics de proximité, nous souscrivons en revanche entièrement à la volonté de les préserver, en formulant le voeu que les logiques économiques et les directives de libéralisation de Bruxelles ne viennent pas une nouvelle fois contredire à nouveau les bonnes intentions affichées.

Même constat dans la partie sur les filières agricoles ou bois. Vous listez vous même les menaces qui pèsent sur ces industries. Par exemple : Suppression des quotas laitiers et des droits de plantations viticoles (2015), risque de diminution des aides de la PAC, évolution des réglementations, concurrence de plus en plus importante pour le bois notamment pour les meubles et la papeterie. Mais vous ne semblez pas très disert sur les raisons et les responsabilités qui ont abouties à cette situation.

Comme d'habitude, on nous présente un catalogue de constats assorti de promesses et de bonnes intentions qui sont compromis pas l'insuffisance de moyens financiers et menacés par les diktats de la bureaucratie Bruxelloise. 

Les atouts mentionnés du Massif des Vosges ne pourront réellement être mis en valeur qu'en changeant profondément le mode de gouvernance et les orientations dominantes, mais aussi en évitant la multiplicité des acteurs institutionnels.


Je vous remercie,
 

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